Légendes et Lattes Travis Baldree
★★☆☆☆
Ce n’est pas difficile d’imaginer une adaptation en jeu vidéo de ce bouquin, qui est issy de la cosy fantasy. J’ai vu des gens dire qu’à cause de ça, il n’y a pas d’enjeux dans le bouquin, et je ne suis pas forcément d’accord. Certes, il n’y a pas une tension ou des enjeux catastrophiques, mais l’attachement de Viv pour ce qu’elle veut créer et sa tristesse quand son café est détruit sont palpables. La plupart des personnages sont un peu attachants, même si aucun à part Viv n’a vraiment de développement. La romance lesbienne est mignonne et prend son temps pour se mettre en place, ce qui fait du bien. Néanmoins, le livre soufre un peu du manque de style : puisque l’intrigue est simple, on remarque d’autant plus que le style est assez plat. C’est intéressant de remarquer que visiblement, l’homophobie et le racisme sont inexistants ou invisibles dans ce monde, mais le sexisme si. En fait, c’est un livre qui veut être mims, lu lentement avec du café, et je capte l’ambiance mais ça ne me touche pas tant que ça. Probablement parce que je ne suis pas hyper fan de l’auto-entreprenariat en fantasy.
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Le Château des Animaux, T1 Miss Bengalore Xavier Dorison et Félix Delep
★★☆☆☆
Les dessins sont super mais le scénario reste beaucoup trop classique. Déjà, la BD s’ouvre avec un préambule où l’auteur décide d’affirmer que Napoléon de La Ferme des Animaux pourrait être une figure représentative de la Terreur, la révolution à Cuba et les dictatures en Iran et en Libye. Ça commence particulièrement mal. On voit qu’il ne connaît rien au sujet et qu’il n’est pas particulièrement de gauche, c’est quand même exagéré de placer côte à côte Che Guevara et Kadhafi. Malheureusement cette mentalité se retrouve tout le long de la BD. La dictature présentée est très caricaturale et les possibilités de sortie de la dictature le sont aussi. La référence positive absolue est Gandhi, qui est pourtant critiquable dans son mode d’action. Le “pacifisme” et la non-violence sont érigés en moyens absolus de règlement de la situation de dictature, une vision qui semble tout droit sortie de 1968. C’est trop naïf. Aucune recherche approfondie n’a été faite pour comprendre le contexte de ces insurrections avant de les consigner dans l’histoire. Et c’est tellement dommage car les dessins sont vraiment magnifiques ! Ils me rappellent le style des vieux Disney. Ils sont très expressifs tout en restant réalistes.
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Les Royaumes Immobiles, T2 : Le Règne des chimères Ariel Holzl
★★★☆☆
J’ai littéralement lu ce livre en 2 jours, je l’ai fini il y a quelques heures donc c’est difficile de mettre de l’ordre dans ma tête. Mon ressenti est assez conflictuel. Si je l’ai lu aussi vite, c’est parce que comme pour le 1er tome, la narration est fluide, le monde est intéressant à découvrir et les intrigues sont suffisamment bien ficelées pour qu’on ait envie de les comprendre. Peut-être que ce que j’ai aimé de ce tome ne sont que les restes du premier. Mais c’est difficile de juger la suite d’un livre qui reposait sur un tournoi, un format certes cliché mais très structurant et entraînant.
Ce qui est un peu décevant, c’est que ce tome entre plus dans les codes de la romantasy (ce que faisait déjà le 1, mais la découverte du tome permettait de l’oublier). Tout d’abord, je ne suis pas hyper fan de la romance entre Odd et Ivy : un trope d’amnésie forcé les oblige à se séparer, mais ne crée pas tant de tension amoureuse que ça ; on dirait plus un outil pour les séparer avant le climax de la fin. Et puis il a une personnalité un peu banale, je pensais qu’il se dévoilerait plus dans ce tome. L’autre romance entre Helga et Skadi donne certes une représentation lesbienne, et ce sont 2 personnages que j’aime individuellement, mais là encore il y a peu de tension entre les 2. C’est normal vu que ce sont des personnages secondaires et que l’histoire est du point de vue d’Ivy, mais cela reste un peu décevant. Je préférais également Tybalt dans le tome 1, à cause justement de la tension entre Ivy et lui, et parce qu’il était plus mystérieux ; je me doutais qu’il allait trahir Ivy à un moment… En revanche, on apprend qu’il est l’amant de Mériandre, qui a été décrite comme sa demie-soeur à un moment ? Soit j’ai mal compris, soit c’est bizarre. J’ai aussi été étonnée du peu d’importance de Goodfellow, au final ; je m’attendais à ce que ce soit lui qui tire les ficelles et pas du tout, alors que beaucoup de scènes mettent en valeur son côté double-face et son potentiel pouvoir. Certes, il y a des révélations le concernant, mais je m’attendais à plus. De même pour Séline, qui était assez caricaturale comme méchante et aurait pu être plus intéressante.
Ce 2e tome est beaucoup chargé en action, avec des batailles et des comabts, mais cela accélère énormément le rythme. J’aurais presque aimé une centaine de page en plus pour développer la montée au pouvoir d’Ivy et ses difficultés avec sa propre autorité. Car ces difficultés sont très réduites, ce qui est assez dommage. Elle devient très compétente en tant que souveraine beaucoup trop vite.
J’ai bien aimé la révélation sur l’origine de l’Ailleurs, elle est aussi macabre que nécessaire. Mais. Le thème des 2 tomes est entre autre l’inégalité, l’Ailleurs est un monde où les forts oppressant les faibles de façon ultra-violente. La résolution de ce thème semble assez incomplète à mes yeux : tous peuvent désormais manier le Bel Art, amenant naturellement à une égalité des classes sous le regard protecteur d’Ivy.
Déjà : 1) les rois et les reines qu’elle a mis sur les trônes sont tout aussi violents que les précédents (Oona a cessé les boutures, mais quand elle était dans les Tréfonds elle faisait des vêtements de ses sujets), pourquoi arrêteraient-ils de l’être maintenant ? 2) cela implique que le problème se trouvait dans le maniement d’un outil, l’Art, alors que celui-ci n’a jamais été un critère pour classer les gens (Ivy ne savait pas manier l’Art dans le tome 1, mais était privilégiée du fait de son rang aristocratique). De fait, la fin est présentée comme heureuse, alors que concrètement elle est douce-amère.
Et puis y a toujours pas de démocratie et les dirigeants sont techniquement les dieux de ce monde, donc les privilèges de Boglings ne sont vraiment pas assurés. Je peux lever ma crédibilité et mes convictions face au trop du “gentil dictateur” (ce qu’est Ivy) dans la fiction, mais ce que je trouve dommage c’est que l’univers se prêtait à une fin douce-amère mais que l’auteur n’a pas voulu la faire.
De plus, je me répète mais la fin est un peu expédiée. Ivy et Odd élèvent Emily dans le monde réel ?? Mais pourquoi ?? Aucun des deux ne semblait si attaché que ça au monde réel, j’aurais aimé voir des discussions sur le sujet (ça aurait développé leur relation justement). Je détaille beaucoup parce que j’ai beaucoup aimé ce 2e tome, malgré ses défauts.
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La Marche-Brume, T1 et T2 Stéphane Fert
★★☆☆☆
Tout d’abord, les couleurs et les dessins de cette BD sont vraiment agréables à regarder, ils semblent parfaits pour un film d’animation. Les personnages sont simples dans leur design et très expressifs dans leurs postures et leurs expressions faciales. Il y a également un beau travail lié aux paysages : beaucoup de cases permettent de s’y attarder et de prendre une pause. Ils sont souvent évocateurs, surtout dans le Tome 2. J’apprécie que la BD inclut une large diversité de corps tout en gardant un style de dessin assez simple et cartoonesque. Les palettes de couleur se désaturent en fonction de l’ambiance également.
Néanmoins, on ne peut pas dire qu’il y a une maîtrise similaire dans la narration. Sans être totalement prévisible, le scénarion reste assez classique. Une romance lesbienne s’installe entre la protagoniste et Hélène, sans que les deux n’aient vraiment discuté seule à seule, sans vraie alchimie ou moment partagé… C’est assez décevant. La BD se veut féministe et inclusive, ce qui est positif, mais au final les personnages sont relativement peu développés. Par exemple, la protagoniste Tempérance se considère rejetée par sa communauté après qu’une seule d’entre elles la méprise et après un quiproquo avec sa mère : c’est trop peu pour provoquer une réaction aussi violente de la part de Tempérance.
De plus, on apprend dans le tome 2 que Tempérance serait la fille ou double de la première “hôte” de la Brume, ce qui est assez cliché je trouve. Honnêtement, c’est peut-être les dialogues qui brisent la magie de l’immersion : ils sont en effet assez mal écrits. Il y a peu “d’aspérités”, les personnages parlent en phrases complètent, ne bégaient ou n’hésitent jamais, aucun mot n’est appuyé ou marmonné… C’est très lisse. Je trouve ça vraiment dommage.
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Les Royaumes invisibles, T1 : La Princesse sans visage Ariel Holzl
★★★★☆
Une petite plongée dans le type de livres que je lisais adolescente. Cela m’a fait du bien de lire une histoire de fantasy sans prise de tête. L’histoire est peu originale dans sa structure et le style n’est pas très recherché, mais ce n’est pas ce qui est intéressant ici. Le monde développé est vraiment sympathique à parcourir, dans la mesure où il reprend le ton parfois cruel des contes de fées. La structure en « épreuves » n’est pas non plus originale mais elle a l’avantage de donner un cadre clair et elle reste très divertissante. Le livre cherche visiblement à donner des enjeux socio-politiques à l’histoire avec un système de classes très rigide séparant les Feys des autres créatures magiques, ces dernières étant réduites à l’état d’esclaves ou d’objets. Le prochain tome va probablement s’étendre sur la « révolution » que veut mener la Cour des Ombres. On verra comment ça s’articulera avec la protagoniste dans la mesure où elle fait partie de l’aristocratie des Feys – je pense qu’on ira dans la direction de « dirigeant gentil qui permet à tous d’être égaux » mais peut-être serai-je surprise. Pour le moment il y a assez peu de romance et j’en suis contente. C’est un peu marrant de voir Ivy la protagoniste avoir des crushs très rapidement sur tous les mecs qu’elle côtoie. Je note quelques personnages gays et lesbiennes (notamment Helga) tous au royaume d’Hiver (pourquoi ce royaume en particulier, je ne sais pas), même si cette partie de leur identité n’est pas vraiment explorée. Au final, c’est un roman de fantasy agréable à lire et assez entraînant, à voir si la suite tient le coup.
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Bullet Train Kotaro Isaka
★★★☆☆
J’ai d’abord vu le film avant d’avoir lu le livre, donc je ne peux pas m’empêcher de comparer les deux. D’abord je vais parler du livre en lui-même avant d’aborder le film. Le rythme du livre semble s’accélérer au fur et à mesure des pages, ce qui rend le plaisir de lire progressif ; au début, j’avais un peu de mal à me plonger dedans, mais on se laisse vite porter. Certains éléments semblent parfois incongrus, notamment l’ignorance totale des autres passagers. J’aime bien que certains personnages soient plus posés par rapport aux personnages principaux qui sont toujours en mouvement. Le Liseron et le prof de prépa sont notamment sympathiques, ils semblent avoir une approche plus empathique / contemplative de la vie ? Néanmoins, on sent un biais homophobe et / ou transphobe en la personne de la « travestie », dont le corps est décrit grossièrement et qui est un stéréotype du pire genre. Il y a assez peu de personnages féminins au final. Il n’y a pratiquement aucune description de l’environnement, toute la narration se concentre sur les personnages, ce qui fait qu’on a parfois la sensation qu’ils sont seuls au monde. Le style n’est pas particulièrement recherché, il va droit au but sans métaphores ou comparaisons.
Le film a une approche très différente. C’est vraiment un film qui part dans tous les sens, tandis que le livre reste plus contenu. La fin est à l’opposé de ce qu’il se passe dans le livre ; le film est un déchaînement de violence, tandis que la violence reste distante, implicite, littéralement on la fuit avec Nanao. L’un des gros changements concerne le Prince, que le film a décidé 1) d’en faire une fille 2) d’en fait un adulte jouant un enfant au lieu d’être juste un collégien. Je trouve que ces changements relèvent d’une volonté d’inclure des femmes… qui devient finalement sexiste. Il s’agit après tout du seul personnage insupportable – et aucun autre personnage n’a vu son genre changer. De plus, le film cherche à donner des explications derrière le comportement du Prince, qui, je trouve, sont peu intéressantes – on s’en bat les couilles de ses daddy issues et c’est encore plus sexiste.
Cela reste un thriller entraînant et divertissant, malgré les stéréotypes de personnage et le manque de profondeur du style.
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Jihad : des origines religieuses à l’idéologie Myriam Benraad
★★★★☆
Cet essai de vulgarisation est très intéressant et instructif. Ca m’a permis de découvrir des aspects du jihadisme que je ne connaissais pas, notamment le parallèle entre l’impérialisme occidental et l’Etat islamique. Néanmoins, il y a des critiques à faire.
Déjà, pas de notes de bas de page, ce qui rend compliqué le fait de trouver les sources exactes de l’autrice. Parfois, celle-ci fait des tableaux « croisant plusieurs sources » (p. 134) mais elle ne précise pas lesquelles. Cela pose vraiment problème d’un point de vue scientifique et pour vérifier ce qu’elle dit et approfondir.
Ensuite, il est clair que l’autrice est spécialiste de son sujet puisqu’elle est docteure en science politique, mais elle fait parfois des généralités quand elle sort de son domaine. J’ai noté des généralisations sur le califat musulman par exemple, où « la poésie et les plaisirs n’y étaient pas prohibés » : cela dépend des califes. Le calife Al-Mahdi (775-785) a développé une inquisition contre les manichéens en prenant comme critère le libertinage. D’un autre côté, les califes Yazid I et II (Omeyyades) étaient connus pour leur amour de la fête. Ca dépend vraiment des époques.
Enfin, parfois je trouve chelou la systématisation du lien entre émotivité et femmes jihadistes. Et l’autrice démontre souvent que beaucoup de jihadistes sont instruits, de classe moyenne ou riche, et n’explore pas forcément ce lien. J’aurais aimé en savoir plus. De façon générale, c’est un livre clair, qui permet de mieux comprendre le sujet traité dans sa complexité.
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Conte de fées Stephen King
★☆☆☆☆
Ce livre fait 1000 pages. J’en ai lu 200. Sur ces 200, on n’arrive même pas à la fin du résumé sur la 4e page de couverture, alors qu’il ne se passe presque rien. Littéralement, une grande partie du début est consacrée à l’entretien du chien et aux aménagements dans la maison du vieux. C’est vraiment long alors que ça aurait pu être écrit en 100 pages. D’autant plus qu’on ne suit pas des personnages complexes. Le personnage principal, Charlie, est trop gentil, trop parfait, ce qui le rend un peu ennuyant. Je ne vais pas finir ce livre.
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Le Mur Jean-Paul Sartre
★★★★☆
C’est un recueil de nouvelles, donc je vais juger celles-ci séparément. Voici d’abord ma critique générale. De façon générale, c’est un recueil de nouvelles qui parle énormément de sexe et de corps. Il y a aussi beaucoup d’homosexualité, entre hommes et entre femmes. Néanmoins, ça reste un livre de son époque. Je n’aime pas l’usage du n-word qui revient souvent ; je n’aime pas les comparaisons avec les corps noirs ; je n’aime pas comment le seul personnage handicapé est traité. Mais c’est aussi une lecture qui m’a un peu choquée, un peu dégoûtée, qui m’a fait réfléchir. C’est donc, pour moi, une bonne lecture.
« Le Mur » est probablement ma préférée. J’ai l’impression d’y voir Huis-clos : 3 hommes enfermés, condamnés à être fusillés par les SS (l’équivalent du diable). La nouvelle est courte, mais la tension est bien gérée. Les corps sont décrits en détails, surtout les sensations qu’ils subissent – cela me rappelle beaucoup L’Etranger de Camus, pour qui la chaleur est si importante et dont le personnage principal doit aussi affronter la mort décidée par l’Etat. D’ailleurs, « Le Mur » est une nouvelle absurde, ironique. Franchement, j’ai aimé la lire.
« La Chambre » nous fait passer d’un point de vue à l’autre tout au long de l’histoire, sans jamais nous donner celui du principal intéressé : Pierre, le « fou ». Il semble qu’il s’agisse d’une personne handicapée, même si aucun diagnostic n’est donné. Je ne suis pas fan de la façon dont ce personnage est traité. Pratiquement tous les personnages sont dégoûtés par lui, et sa femme, Eve, dit vouloir le tuer à la fin de l’histoire. D’ailleurs, Eve est un personnage qui souhaite être « anormale », « folle ». C’est un peu étrange, j’ai du mal à comprendre cette nouvelle.
Pendant que je lisais « Erostrate », je n’arrêtais pas de me dire que ça ressemblait un peu à Taxi Driver. Même ambiance sale, même personnage principal qui se croit héroïque dans sa descente dans la violence et la paranoïa. C’est un vrai incel ce gars. Mais ce n’était pas non plus renversant.
Là aussi, « Intimité » m’a rappelé Huis-Clos, surtout Rirette qui, à mon avis, ressemble un peu au personnage lesbien de la pièce de théâtre. J’ai bien aimé cette nouvelle parce qu’on voit des personnages (surtout deux femmes) qui ne se comprennent pas vraiment malgré leurs liens. Et en même temps, c’est difficile à lire parce qu’avec mes yeux de lectrice contemporaine, je vois bien que Lulu est non seulement en relation avec un mari violent mais en plus que son amant la viole. En parallèle, il y a une vraie tension érotique entre Lulu et Rirette (non pas que le préfacier Jean-Louis Curtis l’aie décelé, ce gros homophobe). C’était sympathique à lire quoique désespérant sur les bords.
Il faut vraiment s’accrocher pour lire « L’Enfance d’un chef ». C’est particulier. Je n’arrive pas à dire si les expériences homosexuelles (et légèrement trans) du protagoniste censé devenir un petit fasciste sont censés être une « moquerie » de la part de Sartre ; je ne sais pas si cette nouvelle est homophobe ou non. Bergère est vraiment le stéréotype de l’homme plus vieux séduisant un pur jeune homme tout en étant excentrique. Chaque « phase » par laquelle passe Lucien semble être critiquée par Sartre ; est-ce la même chose pour cette homosexualité ? De plus, une zone de floue reste : je n’arrive pas à savoir si l’événement au début de la nouvelle est un rêve, ou un souvenir de Lucien surprenant ses parents pendant l’acte ou, carrément, une agression sur sa personne. D’un côté, je comprends le côté grinçant de voir l'existence un peu pathétique d’un facho en devenir. De l’autre, ce n’était pas une expérience particulièrement plaisante.
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Je pensais que mon père était Dieu Paul Auster
★★☆☆☆
Je n’ai pas fini de lire ce livre et je ne pense pas le finir. En fait, je suis déçue. J’ai pris ce livre avec l’intention de lire plus de livres de Paul Auster, dont j’avais aimé la Trilogie new-yorkaise. Mais ce livre-là n’est pas vraiment de lui ; c’est une compilation de témoignages d’Américains qu’il a reçu en travaillant à la radio. Cela fait qu’on ne suit pas vraiment des personnages ou une intrigue, mais une multitude de personnes dont, on le suppose, le témoignage est authentique. C’est un peu comme un bain de foule; Mais ça donne un effet d’étourdissement, en deux pages on passe d’une histoire émouvante à une histoire tragique, puis banale, puis drôle, etc. Ce n’est pas vraiment ce que je pensais trouver dans ce livre, donc je vais m’arrêter là.
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Enfance Nathalie Sarraute
★★★☆☆
C’est une autobiographie sympathique. J’aime beaucoup le format choisi, avec 2 voix qui se répondent, discutent et débattent des souvenirs évoqués. Cela évite une tare propre aux autobiographies qui est de poser un regard définitif sur les événements passés, tout en permettant une marge d’interprétation au lecteur. C’est une démarche que j’apprécie beaucoup, L’enfance de N. Sarraute est par moments très triste, surtout dans son rapport avec sa mère. C’est un livre fluide, qui se lit rapidement. Toutefois, il ne m’a pas non plus transporté.
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Les Normaux, Tome 1 Janine Janssen et S. Al Sabado
★★★☆☆
C’est une romance en slow burn très mignonne. Les 2 personnages principaux ont une bonne connection, et le fait que l’un d’entre eux passe complètement à côté des signaux amoureux rend certains passages très drôles. J’espère que le T2 décrit plus le worldbuilding, j’aimerais bien savoir comment 2 mondes ont pu se développer de la sorte. J’ai hâte de voir comment la romance secondaire va se développer, je me demande s’il n’y a pas anguille sous roche à ce propos. Le style de dessin est tout aussi mignon, mais pas si remarquable que ça.
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Silent Jenny Mathieu Bablet
★★★★☆
J’ai beaucoup aimé cette BD. Honnêtement, elle m’a émue – de toute façon je suis toujours émue quand un personnage touche le fond et se relève quand même. Beaucoup de personnes ont décrit cette BD comme plus optimiste que les autres oeuvres de Mathieu Bablet, et je ne suis pas forcément d’accord. Certes, Carbon et Silicium est nihiliste, ce que n’est pas Silent Jenny, mais ça ne signifie pas que c’est plus joyeux. Il faudrait que je le relise pour mieux comprendre ce qu’il cherche à dire.
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Les esprits de la steppe Corine Sombrun
★☆☆☆☆
J’ai lu une centaine de pages et je pense m’arrêter là. Ce n’est pas que le livre soit mauvais, c’est juste que je m’attendais à une étude ethnologique des croyances mongoles, et ce n’est pas ça du tout. Il s’agit en réalité d’un récit de vie d’une chamane, mêlé avec une narration qui floute la limite entre fiction et réalité. Cela ne m’intéresse pas donc je vais arrêter de le lire.
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Petits suicides entre amis Arto Paasilinna
★★☆☆☆
J’ai préféré le début à la fin. Je ne sais pas trop pourquoi ; bizarrement, l’humour noir était plus efficace sur moi avant que les personnages n’entament leur voyage. J’ai trouvé que celui-ci était un peu ennuyant et peu remarquable à lire, surtout que les personnages ne sont pas si développés que ça. En plus, l’enquête de l’inspecteur sur les suicidaires, qui aurait pu relancer un peu l’intérêt et amener de la tension, n’amène absolument à rien.
Au delà de ces éléments, même si j’aime l’humour noir, il y a des passages qui ne relevaient pas de ce type d’humour et que je n’ai pas trop apprécié. Déjà, le fait que les femmes sont moins nommées, moins caractérisées et toujours en train de faire la bouffe pour les autres – alors qu’elles sont tout aussi suicidaires. Le livre est sorti en 1990, ce n’est pas si lointain. Ensuite, il y a une scène où les suicidaires doivent dormir avec des drogués qui sont aussi suicidaires avant que la police ne viennent les “débarrasser” du parc au matin. Tu t’attendais à ce que les drogués rejoignent le groupe, mais au contraire, le passage qui les concerne est très méprisant, et en plus, les suicidaires offrent de la nourriture à la police. Ca fait un peu humour de centriste voire de droite je trouve.
J’ai eu du mal à avancer dans le livre vu que je n’étais pas hyper investie dans les personnages. C’était un cadeau d’une amie, mais bon, ce n’était pas ouf.
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Le voile du silence Djura
★★☆☆☆
Je suis un peu partagée sur ce livre. D'un côté, comme c'est une autobiographie, on peut supposer que les violences que l'autrice a subi ne sont pas inventées, il est intéressant de voir comment elles s'articulent dans le contexte algérien. Et de l'autre côté, c'est tellement caricatural que s'en est suspect. Les méchants sont trop cruels, la protagoniste est la vertu elle-même. Il y a peu de nuances ou de remises en question.
Et puis, le discours sur l'opposition systématique d'un Orient archaïque face à l'Occident progressiste fait grincer des dents... L'autrice a vécu pendant la période de mai 68, mais ne se demande jamais pourquoi mai 68 a eu lieu... Si les Françaises étaient aussi livre que ce qu'elle décrit à ce moment-là, la Révolution sexuelle n'aurait pas eu lieu. Je n'aime pas la vision en noir et blanc de ce livre.
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Le fascisme en France de 1875 à 1980 Henri Guillemin
★★★☆☆
C'est intéressant mais peu approfondi, ce qui est normal pour un livre d'une cinquantaine de pages. Il y a beaucoup d'idées et de liens entre des événements dont je n'avais pas connaissance, comme le fait que l'éducation laïque (et catholique) servait au 19e siècle à apprendre la résignation aux pauvres. Mais le texte est freiné à la fois parce le fait qu'il soit si court, ce qui fait que Guillemin n'a pas le temps de s'étendre toujours sur les événements dont il parle, et à la fois par le style. En fait, il s'agit d'une retranscription de conférence, et les éditeurs ont choisi de garder la manière orale de s'exprimer de Guillemin. Ca devait être sympa à entrendre, mais ce n'est pas génial à lire.
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Metro 2033 Dmitry Glukhousky
★★★★★
C'est probablement mon livre préféré de 2026, et on n'est qu'en Janvier.
L'intrigue et l'envie de savoir ce qu'il se cache derrière les mystères du métro tiennnent à la gorge. Certains personnages sont plus attachants ou fascinants que d'autres, comme Khan par exemple. C'est un livre assez nihiliste vis-à-vis des idéologies et des croyances humaines, et même si je ne suis pas d'accord sur le fait que la religion et les nazis soient sur le même plan, cela peut se comprendre dans le contexte d'un monde post-apocalyptique.
Certains passages sont très touchants, surtout la fin. J'ai trouvé bizarre qu'il n'y ait presque aucun personnage féminin durant la totalité du livre, mais je crois qu'il y a une raison à cela. Je ne suis pas certaine que ma théorie soit vraie.
Mais les personnages secondaires féminins n'apparaissent qu'après qu'Artyom ait vu la photo de sa mère à la surface ; avant ça, le seul personnage féminin nommé avec qui il intéragit est la petite soeur de Jeniya. Je pense que la photo agit comme un trigger dans sa tête : avant, il "refusait" d'intéragir avec des femmes parce qu'il était à la fois en deuil de sa mère et à la fois car il réprimait ses souvenirs des "Noirs". C'est après cela que lentement, les souvenirs lui reviennent (je crois qu'en plus c'est à partir de là qu'il cauchemarde du tunnel ?). Malgré tout, j'aurais aimé qu'il y ait plus de personnages féminins.
Petite note : le terme de "Noirs" était quand même un peu chelou dans la traduction, en anglais c'est "Dark Ones" et je suis sûre qu'on aurait pu trouver un autre mot en français.
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